Liban : une entreprise récupère 58 tonnes de verres brisés pour en faire des carafes traditionnelles

Beyrouth 4 août 2020. Pour les habitants de la capitale libanaise, ce jour restera gravé à jamais dans leur mémoire. L’explosion de substances stockées dans le port de Beyrouth a fait des milliers de blessés quand d’autres ont perdu la vie. La totalité des vitres de la ville a été pulvérisée sous la déflagration impressionnante provoquée par l’explosion.

Une usine locale, basée à Tripoli, Cedar Environmental, va récupérer ses éclats de verre pour les recycler. Des associations et volontaires s’engagent chaque jour pour déblayer les débris amoncelés dans les rues de Beyrouth. L’entreprise va les réutiliser pour les redistribuer sous forme de carafes traditionnelles.

Ziad Abu Chaker, dirigeant de la société Cedar Environmental et militant écologiste imagine un plan pour récupérer le verre brisé. Grâce à une collaboration avec la United Glass Production Company (Uniglass), une verrerie de Tripoli, ils récupèrent inlassablement les morceaux de verre de l’explosion.

Les monticules de verre s’entassent peu à peu et l’usine tourne 24h sur 24 depuis le drame. Ils commencent par séparer à la main le verre, des cailloux et du sable. Puis, le verre récupéré est ensuite cuit puis soufflé en forme de bocaux ou de carafes traditionnelles de l’artisanat local.

5000 tonnes de verres jonchent les rues de Beyrouth

D’après les estimations des dirigeants, ce seraient 5000 tonnes de verre qui auraient volé en éclat l’après-midi du 4 août. A ce jour, ils n’en n’ont récupéré que 58 tonnes ! Ils estiment pouvoir en recycler 250 tonnes avec les financements adéquats. Ils ont même mis en place un numéro spécial pour que les habitants puissent faire enlever les verres brisés.

Au Liban, il faut dire que le recyclage et le traitement des déchets ne sont pas une priorité gouvernementale. Le but ultime de cette initiative est de voir le moins de verre possible dans les décharges du pays. Dans le pays du cèdre, le recyclage des déchets ne représente que 10% de la totalité des déchets produits.

L’explosion du 4 août fût une catastrophe pour le pays, mais elle pourrait aussi mener à une catastrophe environnementale. Les deux dirigeants à l’initiative de ce projet veulent à tout prix l’éviter.