Les sprays aux huiles essentielles ne sont pas moins inoffensifs

64
Les sprays aux huiles essentielles ne sont pas moins inoffensifs

Désodorisants, parfums d’intérieur, purificateurs… pour chasser les mauvaises odeurs de son intérieur, les produits ne manquent pas. Et parmi eux, les sprays assainissants à base d’huiles essentielles sont très prisés. Disponibles en pharmacies ou en magasins bios, ces produits sont présentés comme des alternatives plus « saines » à d’autres produits d’entretien. Ces produits sont pourtant source de pollution majeure de l’air intérieur, alerte 60 millions de consommateurs. En effet, malgré les mentions « assainissant », « purifiant », « rafraîchissant », ils ne sont pas sans danger car ils exposent sans conteste les voies respiratoires à des molécules allergisantes et irritantes.

C’est ce que montrent des résultats d’analyses réalisées sur 17 produits (12 sprays et 5 diffuseurs) représentatifs du marché. « Nous avons retrouvé fréquemment du limonène, du géraniol ou du linalool, substances parfumantes allergisantes. Or, leur présence n’est pas systématiquement affichée sur l’emballage », expliquent les experts. Et même si ces produits fonctionnent sans combustion, il n’en reste pas moins que le fait de les vaporiser ou de les poser dans une pièce provoque l’émission de composés organiques volatils (COV) en quantités parfois très élevées. Des composés connus pour leur toxicité plus ou moins importante (toux, irritation nasale, oculaire et de la gorge…).

Aucun étiquetage pour informer les consommateurs

Le risque ne concerne pas seulement leur inhalation mais aussi une exposition cutanée car les gouttelettes non volatilisées sont susceptibles de retomber sur la peau. « Nos tests ont permis de comptabiliser jusqu’à 23 ingrédients indésirables dans deux produits : Puressentiel (spray aérien, 41 huiles essentielles) et Baccide (spray assainissant aux huiles essentielles) », ajoutent les experts. Mais difficile de s’y retrouver au moment de les acheter car leurs étiquettes ne donnent aucune information permettant de distinguer les bons des mauvais produits. « Au contraire, les mentions utilisées véhiculent une image de naturel, ce qui peut être perçu par le public comme un gage d’innocuité », selon eux.

C’est pourquoi 60 millions de consommateurs réclame un double étiquetage obligatoire sur les désodorisants à l’attention des consommateurs. Leur but serait de signaler la présence de substances potentiellement allergisantes, comme c’est le cas pour les cosmétiques, via la liste des ingrédients. Par ailleurs, il permettrait d’aider à repérer les produits qui émettent le moins de COV, « à l’image de l’étiquetage environnemental désormais en place pour les peintures et matériaux de décoration. » Une demande a été faite dans ce sens auprès de la DGCCRF, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), de l’Ademe et des ministères concernés.

Un risque évoqué depuis plusieurs années

L’institut national de la consommation (INC), qui édite 60 millions de consommateurs, a pris note des résultats de ces tests et estime lui aussi « qu’une réglementation et une normalisation s’avèrent nécessaires. Car « produits naturels » peut aussi rimer avec « risques potentiels ». A noter que ce n’est pas la première fois que 60 millions de consommateurs met plus généralement en garde contre les produits d’entretien. Des analyses menées en mars 2017 avaient indiqué que la plupart des sprays assainissants, désodorisants, antiacariens et désinfectants couramment utilisés sont des produits à « éliminer », « loin d’assainir la maison, car la majorité contenait des composés organiques volatils.

Plus récemment, les experts ont déconseillé l’utilisation de produits anti-poux pour les enfants à base de deux types d’huiles essentielles (huiles essentielles de lavande et d’arbre à thé) en raison d’un risque d’effets indésirables en cas de mésusage mais aussi de toxicité (une éventuelle stimulation œstrogénique). Enfin, en octobre 2016, ce sont les membres du Syndicat français des allergologues (Syfal) qui conseillait de jeter immédiatement les sprays aux huiles essentielles à la poubelle. Car, au même titre que l’encens et les bougies parfumées, les composés organiques volatils irritants qu’ils dégagent sont particulièrement dangereux pour les personnes souffrant d’allergies et de troubles respiratoires.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici