#IwasCorsica : le mouvement contre les violences sexuelles prend de l'ampleur en Corse

En Corse, la parole sur les violences sexuelles se libère et brise l’omerta.

Il est né aux États-Unis au début du mois de juin 2020 puis est arrivé en France quelques jours plus tard, le 3 juin probablement. Le hashtag #Iwas a permis à des femmes mais aussi des hommes de témoigner des violences sexuelles qu’ils ont subi en précisant l’âge qu’ils avaient au moment des faits. Le mouvement bien qu’il se soit emparé de tout le pays a trouvé un véritable écho en Corse.

#Iwas : des victimes racontent à quel âge elles ont subi des violences sexuelles

À l’origine de #IwasCorsica, on trouve Laora Paoli Pandolfi, une jeune femme corse qui vit à Paris. Avec une amie, elle décide de se documenter sur les cas dans sa région et crée par la suite le compte Twitter du même que le hashtag. « Balance ton porc n’avait jamais pris en Corse, et là d’un coup, il y a près de 150 faits qui sortent. C’était horrible, je ne pouvais pas m’arrêter, c’était trop important », explique l’initiatrice du mouvement au Monde.

La fin de l’omerta en Corse, les victimes de violences sexuelles prennent la parole

Deux autres jeunes femmes, Lina (qui a souhaité garder l’anonymat) et Anaïs Mattei ont confié au journal avoir compris qu’en Corse il y a une certaine « omerta » sur le sujet des violences sexuelles. « Ici, on te dit que les femmes sont mieux traitées qu’ailleurs, il y a autant d’agressions sexuelles et de viols que sur le continent. Le machisme et le poids de la famille empêchent d’en parler ». Le 5 juin, une internaute tweet : « #Iwas 17 et j’avais peur de le perdre si je cédais pas. En Corse ça arrive aussi, quoi qu’on en dise ».

Le compte tenu par Laora a retweeté des dizaines d’autres témoignages et en a recueilli tout autant en conversation privée. Des prises de paroles toutes aussi tragiques les unes que les autres. Dimanche 21 juin, une première manifestation a été organisée rassemblant 300 personnes. Ce week-end du 5 juillet, environ 600 personnes s’étaient mobilisées pour faire entendre leur colère. Munies de slogan, de pancartes ou de tee-shirt mentionnant le hashtag #Iwas, les manifestantes, en majorité, visaient les forces de l’ordre et la justice, ne prenant que trop peu en compte leur plainte. Un train a même transporté gratuitement des manifestants.es de Bastia à Corte.