Dermatite atopique chez l’adulte : quels traitements ?

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Le plus souvent, la maladie démarre dans l’enfance, mais elle peut aussi survenir chez l’adulte. En France, environ 4 % des plus de 15 ans sont touchés par la dermatite atopique, également appelée eczéma atopique. Parmi les adultes atteints (environ deux millions de personnes), 6 % souffrent d’une forme sévère de la maladie qui affecte leur vie quotidienne. Pour des raisons encore inconnues, deux sur trois sont des femmes.

Des plaques rouges et des démangeaisons

La dermatite atopique évolue par poussées, souvent favorisées par le stress ou le contact avec des facteurs irritants (chaleur, laine…). Sur la peau, des plaques rouges et pelées se forment. Elles démangent fortement. Chez l’adulte, deux zones sont plus particulièrement touchées : la tête et le cou, ainsi que les plis des coudes et des genoux.

Chez les enfants, la situation n’est pas tout à fait la même. Chez les tout-petits (moins de deux ans), les plaques se développent surtout sur les zones rebondies du corps : le front, les joues ou le ventre. Plus tard dans l’enfance, ce sont surtout les plis des coudes et des genoux qui sont atteints.

Dermatite atopique de l’adulte : quelles causes ?

La dermatite atopique se développe sur un terrain génétique prédisposé. Elle est liée à une fragilité intrinsèque de la peau. Souvent trop sèche, celle-ci n’assure plus sa fonction de barrière ou de « toile cirée » selon l’expression imagée du Dr Charlotte Fite, chef du service de dermatologie de l’hôpital Paris-Saint Joseph.

Ce n’est pas une allergie

En temps normal, l’eau et les corps étrangers glissent sur la peau. Dans la dermatite atopique, la peau des patients laisse pénétrer des substances de l’environnement, ce qui provoque une inflammation. Cette réaction n’est pas une allergie, mais elle est favorisée par un dérèglement du système immunitaire.

Toute la famille est concernée

Les personnes qui présentent ce terrain atopique peuvent transmettre cette prédisposition génétique à leurs enfants.

« Chez les enfants souffrant de dermatite atopique, on retrouve sept fois sur dix un apparenté au premier degré (père, mère, frère, soeur, NDLR) atteint d’une maladie du spectre de l’atopie : un eczéma et/ou une conjonctivite saisonnière et/ou une rhinite allergique et/ou un urticaire et/ou un asthme », explique le Dr Fite.

Les parents peuvent, dans une certaine mesure, prévenir l’apparition d’un eczéma atopique chez leur bébé en hydratant quotidiennement sa peau. « Les crèmes hydratantes, dites émollientes, appliquées dès les premières semaines de vie semblent réduire, ou retarder, la survenue de la dermatite atopique chez les bébés. Elles déposent une fine couche de graisse qui va protéger la peau », précise la dermatologue.

La recommandation est la même à l’âge adulte. La première mesure à prendre pour combattre la maladie consiste à hydrater sa peau avec des crèmes spécifiques, tous les jours, et sur l’ensemble de son corps. « Il faut « crémer » sa peau très régulièrement, de manière quotidienne, comme on se brosse les dents tous les jours », insiste le Dr Fite. De même, il est conseillé d’éviter aussi tout ce qui peut irriter et fragiliser la barrière cutanée comme les bains prolongés ou le port de vêtements qui grattent.