Déclenchement : Tout ce que vous avez besoin de savoir

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Déclenchement. Tout ce que vous avez besoin de savoir

Les raisons qui motivent le déclenchement d’un accouchement

La principale indication médicale motivant le déclenchement d’un accouchement est une grossesse qui a dépassé le terme. Une grossesse possède une durée purement arithmétique de 10 mois, soit 40 semaines. Étant donné qu’on ne connaît pas le moment exact de la conception en général, cette période est calculée à partir du premier jour du dernier cycle menstruel. Si la date de naissance calculée est dépassée, la grossesse prend fin en termes purement arithmétiques.

Cependant, près de 3 % d’enfants seulement naissent « à terme », car la majorité des bébés naissent au cours des deux semaines précédant ou suivant la date de naissance calculée. Si le bébé n’est pas né après ce jour, il ne court pas de danger en principe. Les médecins surveilleront de près la mère et l’enfant durant les 41e et 42e semaines de la grossesse, et des examens sont généralement réalisés à intervalles quotidiens..

Durant la deuxième moitié de la 42e semaine au plus tard, l’accouchement sera déclenché, car le placenta risque de ne plus accomplir correctement ses fonctions, et le bébé risque alors de manquer d’oxygène, d’avoir d’autres carences dans son alimentation ou des problèmes circulatoires.

Même chez les médecins, le dépassement du terme de la grossesse n’est pas sujet à controverse comme motif de déclenchement de l’accouchement. Du point de vue de la plupart des médecins, cependant, le risque est trop élevé pour attendre davantage un accouchement naturel.

Autres raisons pour déclencher un accouchement :

  • Il n’y a pas de contraction après la rupture du sac amniotique. Chez la plupart des femmes, les contractions et le travail commencent dans les 24 heures après avoir perdu les eaux. Si cela n’a pas lieu, le risque d’infection augmente de telle manière qu’il est proposé à la mère de déclencher l’accouchement. Si le travail n’a pas commencé après 48 heures, le déclenchement est inévitable en général.
  • Le déclenchement est conseillé aux mères diabétiques, dans la mesure où le bébé s’est développé de façon normale, après la 38e semaine ; ceci est dû en partie au fait que les enfants des femmes diabétiques sont particulièrement grands en général, ce qui peut provoquer des complications durant l’accouchement.
  • D’autres maladies chroniques ou aiguës, telles que la pré-éclampsie (gestose hypertensive), les maladies rénales ou hépatiques susceptibles d’affecter le bien-être de la mère et du bébé ou provoquer des complications durant l’accouchement.
  • Fort stress physique et psychologique chez les femmes enceintes (après la 37e semaine de grossesse, si le bébé est suffisamment développé).
  • Déficit d’approvisionnement du bébé.
  • Une décision médicale individuelle peut également motiver la demande d’un déclenchement l’accouchement pour des raisons personnelles, par exemple, à cause d’un voyage du père à l’étranger qui lui ferait manquer la naissance.
  • D’autre part, un travail très prolongé ou stagnant peut demander des mesures pour provoquer les contractions.

Quels sont les procédés pour déclencher un accouchement ?

En général : le bébé lui-même décide de sa naissance, ce qui arrive lorsque plusieurs processus physiques complexes interagissent. S’il n’est pas possible d’attendre jusqu’à cette date, il existe plusieurs procédés pour commencer le travail.

Si le bébé attend toujours après la 40e semaine de grossesse, les sages-femmes conseillent avant tout des remèdes maison : le sexe, qui libère des prostaglandines favorisant les contractions, de l’exercice, des bains chauds; ainsi que des méthodes naturelles. Celles-ci englobent l’aromathérapie, les remèdes homéopathiques, la stimulation des mamelons, les lavements ou le « cocktail » qui permet de provoquer des contractions (un mélange de jus d’abricot, de verveine, d’huile de ricin et d’une larme de cognac ou de mousseux).

Important : Les méthodes naturelles pour favoriser les contractions doivent toujours être réalisées sous surveillance médicale. Ce cocktail, notamment, peut causer en de sévères contractions et si le col de l’utérus n’est pas assez dilaté, la situation peut présenter des risques pour la mère comme pour le bébé.

Procédés médicaux pour déclencher l’accouchement :

  • L’ouverture du sac amniotique est une méthode rarement employée de nos jours. Le travail doit commencer dans une courte durée (24 à 48 heures au maximum), car les risques d’infection et de prolapsus du cordon ombilical sont accrus, et les deux sont une indication d’accouchement par césarienne.
  • Dans le cas d’un décollement des membranes, le sac amniotique est extrait du col utérin à la main, libérant ainsi les prostaglandines. Dans environ 50 % des cas, le travail commence dans les 48 heures qui suivent. Le procédé peut être douloureux, mais il permet d’éviter d’adopter des mesures supplémentaires pour provoquer les contractions ou déclencher l’accouchement. Cette manipulation n’augmente pas les risques de complications dans l’accouchement ni d’une césarienne.
  • L’administration de prostaglandines sous forme de suppositoire, comprimé ou gel vaginal, qui provoquent souvent des contractions sévères dans un court laps de temps.
  • L’administration d’une perfusion à base de Syntocinon, une variante synthétique de l’ocytocine, l’hormone de la sexualité et qui provoque la montée de lait. Elle a pour conséquence des contractions sévères, une « tempête de contractions » sur un court laps de temps. Avec cette perfusion, on propose souvent à la parturiente une péridurale (anesthésie locale), compte tenu de la douleur parfois difficile à contrôler.

Les avantages du déclenchement de l’accouchement

Le nombre de déclenchements de l’accouchement est croissant au niveau mondial. C’est une tendance controversée chez les défenseurs de l’accouchement naturel. Cependant, il est parfois nécessaire de prendre cette décision, qui présente des avantages pour la mère et pour le bébé.

Une méta analyse de l’Université de Stanford (États-Unis) a évalué de nombreuses études sur le déclenchement de l’accouchement. Elle aboutit à la conclusion suivante : dans le cas où le terme est dépassé, les inconvénients dus à l’attente sont souvent plus importants que ceux provoqués par le déclenchement de l’accouchement. Par exemple, le méconium (les premiers excréments du fœtus) ont déjà pénétré dans le liquide amniotique, ce qui peut être dangereux pour le bébé.

Durant la 41e semaine de grossesse, les bébés montraient des rides sur la peau et d’autres signes témoignant d’un terme dépassé. D’autre part, les scientifiques ont signalé que le déclenchement de l’accouchement à partir de la 41e semaine réduit la probabilité d’une césarienne (alternative).

D’autres indications médicales exigeant le déclenchement de l’accouchement ne mettent pas sur la balance le rapport avantages / inconvénients , car l’accouchement naturel est associé à des risques trop élevés. Dans le cas d’une décision d’ordre personnel, la question est de savoir si le fait de répondre au désir de la mère permet un meilleur équilibre émotionnel, ce qui influence le processus d’accouchement de manière positive sur le travail.

Les inconvénients du déclenchement de l’accouchement

Ceux qui s’opposent au déclenchement de l’accouchement critiquent souvent le fait que ce genre de mesure ne sert qu’à faciliter la programmation des cliniques, ou que les femmes enceintes expriment ce désir pour des raisons « égoïstes ». Cela dit, selon notre point de vue, il s’agit là de motifs subjectifs non fondés. Il est scientifiquement prouvé que pour chaque cas de comparaison avec des femmes qui attendent d’accoucher de manière spontanée :

  • Le nombre d’anesthésies à administrer est presque dupliqué après les interventions pour le déclenchement de l’accouchement , compte tenu des contractions intenses et des fortes douleurs.
  • La nécessité de mesures supplémentaires pour provoquer les contractions augmente de 60 % dans le cas du déclenchement de l’accouchement.
  • Il est nécessaire d’employer 60 % de méthodes de surveillance invasives en plus (monitoring fœtal, extraction de sang fœtal).
  • La probabilité d’accouchement par des méthodes invasives vaginales (forceps, ventouses) augmente de 30 %, tandis que la probabilité d’une césarienne s’élève à 50 %.

Le principal critère servant à déterminer l’efficacité du déclenchement de l’accouchement et la nécessité d’autres interventions médicales, est le niveau de dilatation du col de l’utérus. Ce sont les sages-femmes qui l’évaluent en vérifiant ainsi la progression du travail sur une échelle 1 à 10, selon la méthode d’évaluation Bishop.

Une valeur de 8 ou plus signifie que le col de l’utérus est prêt pour l’accouchement. Le déclenchement de l’accouchement a atteint son objectif avec une probabilité moindre d’employer de nouvelles mesures pour faire avancer le travail.

Le déclenchement de l’accouchement peut-il être associé à des effets secondaires ?

Jusqu’à présent, aucune étude scientifique portant sur les effets secondaires du déclenchement de l’accouchement n’a été publiée, probablement parce qu’il n’en existe pas. Un accouchement naturel et le plus rapide possible est le souhait de la plupart des femmes. Le gynécologue français, Dr Frédérick Leboyer a décrit en détail son importance en termes émotionnels pour le lien mère-enfant.

Cependant, même les femmes qui subissent un déclenchement de l’accouchement ou une césarienne ne doivent pas craindre que la relation qui se tisse avec leur bébé en soit affectée. Le gynécologue viennois, Dr Peter Husslein écrit qu’un dialogue entre femme enceinte et médecins « d’égal à égal » joue un rôle décisif afin de trouver la meilleure solution possible pour chaque femme et son bébé en ce qui concerne la possibilité d’un déclenchement de l’accouchement.

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