Arthrose : Traitements

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Arthrose - Planete sante

La prise en charge de l’arthrose se fait de manière individualisée, ainsi elle peut être différente selon les personnes et les articulations atteintes.

Traitements non médicamenteux

Tout d’abord, il est important de bien expliquer les mécanismes impliqués dans l’arthrose, ainsi que les facteurs prédisposant spécifiques à chaque patient. Par exemple, une perte de poids de 10% peut réduire de plus de 15% le handicap d’une personne obèse souffrant d’une arthrose du genou.

La physiothérapie apporte souvent un soulagement, mais de manière transitoire si appliquée isolément.
L’arthrose est habituellement améliorée par l’application de chaleur locale (bain, pommade ou emplâtre chauffants, coussin électrique). Le froid (gel réfrigérant, glaçons ou poche à glace enveloppés dans un linge épais) est appliqué préférentiellement pendant une dizaine de minutes jusqu’à trois fois par jour lorsque l’articulation est enflammée (chaleur, rougeur, gonflement).
La pratique régulière d’exercices d’assouplissement et de renforcement musculaire, à sec ou en piscine, complète la prise en charge physique. Ces différents moyens thérapeutiques peuvent être réunis lors d’une cure thermale.

L’utilisation d’une canne pour soulager l’articulation atteinte (à tenir du côté opposé à l’articulation affectée), de semelles plantaires ou d’une attelle (pour la base du pouce par exemple) peut être bénéfique.

Traitements médicamenteux

Les moyens médicamenteux se répartissent en médicaments à appliquer localement ou à prendre par voie générale (à avaler ou en suppositoires). Certains médicaments sont à prendre ponctuellement lors d’un épisode  aigu (antidouleurs, anti-inflammatoires), d’autres ont un effet prolongé et doivent être pris de manière continue ou sous forme de cures (anti-arthrosiques symptomatiques à action lente).

  • Les anti-inflammatoires locaux, sous forme de gel, crème ou emplâtre, ont montré leur efficacité, mais ils doivent être appliqués d’une manière appropriée (les emplâtres, découpés aux dimensions adaptées peuvent rester en place 12 à 24 heures, les gels et pommades doivent être appliqués 3 à 4 fois par 24 heures).
    L’injection, dans l’articulation, d’un dérivé de la cortisone peut être envisagée en présence d’une poussée inflammatoire ou douloureuse aiguë.
  • L’injection d’acide hyaluronique (un composé naturellement présent dans l’organisme) a montré son efficacité dans l’arthrose de la base du pouce et du genou ; il faut toutefois noter qu’en Suisse ce traitement n’est pas pris en charge par les assurances-maladie.
  • Les médicaments à action générale comprennent les antalgiques comme le paracétamol (Panadol, Dafalgan, etc.) et/ou des anti-inflammatoires (Aspirine, Brufen, Voltarène, etc.). Ces derniers sont plus efficaces, mais susceptibles de provoquer davantage d’effets indésirables que le paracétamol, surtout lorsqu’ils sont pris plus de quelques jours. Ils doivent donc être prescrits à la dose efficace la plus faible possible afin d’éviter les problèmes digestifs (ulcères, hémorragies), hépatiques (jaunisse) et rénaux (insuffisance rénale parfois aiguë). Le risque de survenue d’effets indésirables est plus important chez les personnes âgées ou celles qui ont des antécédents digestifs, rénaux, cardiaques.
  • Exceptionnellement, on peut transitoirement faire appel à des antalgiques majeurs (à base de morphine) chez les personnes ne supportant pas les anti-inflammatoires et chez qui le paracétamol est inefficace.
  • Le sulfate de chondroïtine (Condrosulf, Structum) et le sulfate de glucosamine (en vente libre en Suisse) réduisent l’intensité des douleurs et améliorent la fonction articulaire dans l’arthrose de la main et du genou. Plusieurs études suggèrent aussi une certaine efficacité de ces substances pour ralentir la destruction des articulations, mais cela n’est pas définitivement prouvé.
  • Le retentissement psychologique de la maladie justifie parfois la prescription d’un médicament antidépresseur.

Traitement chirurgical

La chirurgie comprend la correction de l’axe articulaire pour le genou ou la hanche (ostéotomie) ou la mise en place d’une prothèse.

L’implantation d’une prothèse articulaire s’effectue lorsque l’arthrose est très avancée, que les douleurs sont importantes (présentes même au repos ou la nuit) et ne répondent pas aux traitements prescrits. Il existe des questionnaires qui peuvent aider le médecin à évaluer l’indication à une prothèse. L’indication sera aussi modulée en tenant compte de l’âge et des objectifs du patient. Un patient jeune et sportif aura des demandes différentes de celles d’une personne âgée, moins mobile.

La chirurgie mini-invasive permet une rééducation postopératoire moins longue. La durée de vie des prothèses dépend de leur composition, du type d’implantation (cimentée ou non) et de leur utilisation. La durée de vie de la plupart des prothèses est d’une vingtaine d’années et elles peuvent, si nécessaire, être remplacées une à deux fois au cours de l’existence.

Parfois, les lésions de l’arthrose peuvent être aussi sévères, douloureuses et handicapantes que celles observées dans les rhumatismes inflammatoires telles que la polyarthrite rhumatoïde [lien vers le document polyarthrite rhumatoïde] ou les spondylarthropathies (maladies inflammatoires de la colonne vertébrale). Pour cette raison, de nouvelles voies de recherche explorent l’effet de médicaments dits biologiques (c’est-à-dire à base de protéines qui bloquent l’action des messagers de l’inflammation), qui se sont montrés efficaces pour traiter certaines maladies rhumatismales inflammatoires.

Médecines complémentaires

Les médecines complémentaires (phytothérapie, homéopathie, ostéopathie, acupuncture, etc.) n’ont que rarement démontré une efficacité prolongée dans l’arthrose.

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